Metsovo

 

Les demeures d'archontes, d'un style architectural très particulier, témoignent encore du développement de l'époque. Ce sont de grandes maisons de pierre grise-verte marquant de leur austérité la place du village traditionnel. L'extérieur est plutôt sobre. Il faut franchir le portique pour découvrir les riches décorations de tapisseries colorées, les plafonds aux bois sculptés, les larges cheminées. La plus belle étant la maison Tositsa-Averof où se trouve un musée d'art populaire régional. Le folklore local vit aussi dans les costumes chatoyants des habitants. Aujourd'hui, la ville est encore réputée pour ses élevages et ses fromages. Comme souvenir vous pouvez rapporter des ouvrages fait main comme des bois sculptés, des tissus, des tapis, des métaux travaillés et d’autres produits de l'artisanat épirote. Les femmes mitonnent la soupe de bouc en costume traditionnel, les tonneliers travaillent le chêne, et les habitants chantent encore des mélodies qui trahissent leurs origines valaques. La métropole (1511) possède une toiture originale, des arcs baroques et des mosaïques italiennes.

Dans le bourg nous voyons également l'église d’Agios Dimitrios, l'église du couvent Agios Nikolaos avec ses fresques post-byzantines de 1702, et le petit monastère de la Panagia, en bas du village près du ravin.

 

Dans la campagne environnante se trouvent de nombreux ponts : de petits pour enjamber un ruisseau, des moyens pour traverser la montagne et des plus grands. Ils sont tous uniques et de véritables joyaux en pierre. Chez les rares habitants qu'on peut croiser aujourd'hui dans les villages, on parle encore des premiers hameaux qui durant le XIVe et le XVe siècle ont résisté aux Turcs et aux Albanais. Il est vrai que la montagne environnante forme une forteresse naturelle pour la quarantaine de villages de la région. Ici aussi, même si l'autonomie administrative est concédée par le Pacha de Giannina, beaucoup des habitants vont préférer partir à l'étranger pour échapper aux lourdes taxes que leur font payer les Turcs. Les femmes restées au village, s'occupent des enfants, de la maison et de l'agriculture. Nombreux sont ceux qui vont prospérer en Russie, en Moldavie ou à Constantinople et qui au retour au pays vont construire des maisons neuves pour leur famille, mais aussi des écoles, des églises, des fontaines et des chemins pavés. Mais, de la mort d'Ali Pacha à la libération en 1913, les villages perdent leurs privilèges et deviennent la proie de nombreux brigands sévissant dans la région. La plupart des villages sont aujourd'hui abandonnés.

 

Si on pousse plus au Nord, à l'extrémité du nôme d'Ioannina près de la frontière albanaise, on arrive à la région de Konitsa. Comme à Zagori, une quarantaine de villages ont également connus un développement exceptionnel au cours du XVIIIe et XIXe siècle avant de connaître son déclin après la seconde guerre mondiale. Guerre de libération, guerres balkaniques, seconde guerre mondiale et guerre civile, ont poussé une grande partie de la population à l'émigration. Il ne reste plus aujourd'hui que la ville de Konitsa et 5 ou 6 villages autour. Mais la région a donné les plus fameux tailleurs de pierre de Grèce dont leur marque se retrouve dans l'architecture traditionnelle de tout le Nord de la Grèce, de l'Epire à la Thrace, en passant par la Thessalie et la Macédoine.

 

Notons encore la fête lors de l'Agia Paraskevi.