Kamiros (**)

 

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Le site de Kameiros s'étend le long de la côte nord-ouest de l'île près du cap Agios Minas (Mylantion antique) sur les collines d'Akramytis. Bâtie en amphithéâtre sur un versant dans une région fertile, l’antique Kameiros (ville hellénistique) comptait parmi les trois grandes cités de l'île, avec Lindos et Ialysos. Des fouilles archéologiques entreprises en 1859 ont révélé une occupation minoenne. La légende veut qu’Althéménée, petit-fils du roi Minos de Crète, en fut le fondateur, et qu'un fils d'Hercule, Tlipolèmos, y vécut.

À la préhistoire, les dieux concepteurs de l'humanité y étaient adorés. Comme en témoignent les vestiges de certaines tombes, la ville était déjà florissante du temps des Achéens, c'est à dire bien avant la période hellénique. Reconstruite sur les plans d'une cité hellénistique (système Hippodamien) après le tremblement de terre de 226 av. J.-C., Kameiros fut abandonnée et oubliée après celui de 142 après J.-C. mais ses fondations restèrent intactes. L'emplacement fut découvert en 1859 par les archéologues Salzman et Biliotti puis des fouilles commencèrent avec les Italiens. Elles ont mis à jour des fondations de l'antique ville, construite sur des terrasses légèrement inclinées. Les quartiers résidentiels étaient situés en bas de la pente nord tandis qu’une acropole modeste, avec des édifices religieux et publics occupaient le dessus. Kameiros, ville non fortifiée, ne possédait ni remparts ni bastions.

Kameiros était une cité laborieuse, réputée pour ses artisans. Selon Homère, les bijoux d'or et les poteries fabriqués à Kameiros étaient très appréciés à l'extérieur de l'île. De multiples objets de céramique, bijoux et stèles funéraires sont aujourd'hui exposés au musée archéologique de Rhodes. Des pièces ornées d'une feuille de figuier, frappées à Kameiros au VIe s. av. J.-C. ont également été retrouvées. Presque toutes les collines entourant la ville abritent des nécropoles et il se pourrait que ce soit l'un des plus grands cimetières découverts dans le monde grec.

 

Le site

Des nécropoles mycéniennes ont été fouillées à Kalamvarda, à l'ouest de Kamiros. Les découvertes de la période géométrique (VIIIe siècle av. J.-C.) témoignent de l'existence d'un temple consacré à Athéna sur l'acropole. Le tremblement de terre de 226 av. J.-C. détruisit la ville classique et probablement le temple classique d'Athéna Kameiras.

Sur le sommet de la colline se trouvait l'acropole avec le temple d'Athéna et la stoa. Au milieu de la terrasse se trouvait le temple hellénistique, la fontaine dorique, l'agora et le péribolos. Le site était embelli par de nombreuses offrandes. Le tremblement de terre de 142 av. J.-C. détruisit la ville pour la seconde fois.

A droite, après la maison du gardien, s'étend un vaste téménos délimitant une aire sacrée où s'élevait un temple dorique du IIIe s. av. J.-C. dont il subsiste quelques colonnes. En contrebas, du côté de la mer, vous remarquez les restes d'une exèdre semi-circulaire, et une aire sacrificielle, pourvue d'un grand autel et de neuf plus petits. Par un escalier, vous accédez ensuite à une grande rue qui traverse un vaste quartier d'habitations privées. A gauche en montant, plusieurs colonnes redressées signalent une maison hellénistique à péristyle, comme on en voit à Délos ou Pergame. En haut du vallon, 6 colonnes avec entablement ont été redressées. Elles faisaient partie d'un long portique dorique du IIIe s. av. J.-C. orienté Est-Ouest et bâti le long de l'agora, au-dessus d'une citerne. Le portique long de 200m possédait une double colonnade dorique. La citerne fut comblée au moment de la construction du portique qui le surplombe. A cette époque, fut mis en place un réseau de distribution d'eau tout à fait remarquable : un ensemble de tuyaux, munis de valves et reliés à des puits et à des réservoirs souterrains, conduisait l'eau dans les maisons. On en voit encore les traces dans le quartier résidentiel. Au-delà, gisent quelques vestiges du temple d'Athéna Kamiria restauré pendant l'époque hellénique. Les principaux monuments du site sont :

L'acropole et l'enceinte d'Athéna Kameiras possède un temple dorique tétrastyle périptère (avec des portiques sur chacun des quatre côtés), entouré d'un péribolos. Il a remplacé un temple classique détruit par un tremblement de terre de 226 av. J.-C. Seulement sa base a survécu.

Le réservoir était une construction rectangulaire recouverte d'un produit résistant à l'eau. Des conduites en terra-cota acheminaient l'eau du site et il avait une capacité de 600 mètres cubes, suffisant pour 300 à 400 familles pendant la saison sèche. Deux escaliers descendent au fond où deux trous d'évacuation servaient à la nettoyer. Ils étaient fermés par des bouchons coniques en pierre. Il date du VIe-Ve av. J.-C. A la période hellénistique, le site a utilisé comme stoa, mettant le réservoir hors d'usage. La stoa hellénistique était composée de deux rangées des colonnes doriques avec derrière les magasins ou les logements pour les adorateurs. Les colonnes à l'avant ont soutenu une architrave avec des métopes, des triglyphes et une corniche (IIIe-IIe siècle av. J.-C.). Il y avait un impressionnant système d'approvisionnement en eau sous le plancher avec des puits, des réservoirs et des conduites d'eau souterraines en terra-cota, remplaçant l'ancien réservoir.

Le quartier des périodes hellénistiques et romaines a été construit selon le système Hippodamien (grille de rues parallèles et pâtés d'habitations appelés îlots) sur la terrasse moyenne de la colline. Le dispositif principal des maisons possédait une cour intérieure à colonnes avec un côté plus haut que les autres (péristyle rhodien). Elles étaient ornées aux sols et sur les façades de mosaïques et d'architraves peintes. Parmi les maisons se trouvent les vestiges des bains publics avec des salles chaudes et froides et des installations sous le plancher pour chauffer les salles.

Le temple hellénistique sur la terrasse inférieure était un temple avec pronaos, cella et opisthodomos. La base de la statue de culte est préservée dans la cella et probablement consacrée à Apollon Pythien.

Le Naiskos ionique en pierre de poros avec revêtements en plâtre était utilisé pour abriter les offres votives.

La façade de la fontaine se compose de demi-colonnes doriques de poros soutenant une entablure. Des panneaux fermaient les espaces intermédiaires. À l'intérieur se trouvait un réservoir (milieu du IVe siècle av. J.-C.). Plus tard (IIIe av. J.-C.), le réservoir a été remplacé par un puits et les colonnes modifiées. Derrière la fontaine se trouvent les vestiges d'une stoa. Un mur soutenait la terre de la terrasse supérieure.

Une agora était localisée devant la fontaine, où les citoyens participaient aux cérémonies religieuses. Des demi-colonnes ont embelli le mur nord et dans le coin sud-est se trouvait un petit monument, peut-être une offrande votive. Les plinthes de l'escalier (sud) sont des reconstructions postérieures par les Italiens. Des bases pour statues et des offrandes votives ont été érigées du côté occidental. La plus importante des offrandes votives était celle de Panaitios. Il y a deux offrandes votives à moitié finies derrière l'entrée nord de l'agora.

Du côté nord-est de la troisième terrasse, le long du mur de soutènement, des autels ont été érigés sur deux niveaux et consacrés à différentes divinités comme Artémis, Zeus et Poséidon. Au premier niveau, on trouve des restes d'un grand autel oblong consacré à Hélios.

Une estrade semi-circulaire devant le Peribolos des autels a porté une offrande votive. Un escalier monumental entre l'agora et le Peribolos des autels menait au quartier résidentiel.

 

Un peu plus au sud, Kamiros possédait un port appelé Kritinia.

 

Skala Kamirou

Ce simple et pittoresque hameau de pêcheurs est situé à l'emplacement du port minoen de Kritinias fondé par des marins crétois. Un monument funéraire antique taillé dans la roche y est également visible.