Filérimos et Ialysos (***)

 

La colline Filérimos ("ami de la sollitude") couverte d'une végétation luxuriante se trouve au Sud-Ouest de la ville de Rhodes, un peu au-delà du village de Trianda. Se dressant seul, dans une plaine près de la côte, son sommet est composé d'un grand plateau où se trouvait Ialyssos, une des trois grandes villes de l'antiquité. Par sa situation, Filérimos a de tout temps été une place fortifiée. Les nécropoles se trouvant à ses pieds (aux lieux-dits "Vounara" et "Makria Vounara") témoignent déjà de son importance aux époques mycénienne, géométrique, archaïque et classique. Sous le règne de Ioannis Katakouzinos (époque byzantine), Filérimos résista en 1248 au siège des forces génoises et au cours des longs mois précédant la conquête de Rhodes, Soliman, le conquérant de l'île, y fit installer le quartier général de ses forces armées en 1522.

Occupée depuis la préhistorique, d'après la légende ses premiers habitants furent les Phéniciens. Le site fut ensuite choisi par les Achéens. Après l'invasion dorienne au Xe s. av. J.-C., la ville fut déplacée en direction de la côte, vers le village de Krémasti. Elle déclina considérablement après la fondation de Rhodes. Sur la colline nous trouvons les vestiges du temple de Zeus (IVème av. J.-C.) et d'Athéna (IIIème siècle av. J.-C., à moitié recouvertes par les vestiges d'une basilique paléochrétienne à 3 nefs des Vème-IVème siècles), de style dorique construit sur le site d'un sanctuaire vraisemblablement d'origine phénicienne, une fontaine dorique du IVème av. J.-C. (accessible par le sentier situé à gauche au bas de l'escalier partant du parking), des vestiges de l'époque byzantine et du moyen âge, l’église Notre Dame de Filérimos (XVème), l’église souterraine d'Agios Georgios "Chostos" (restaurée) décorée de fresques des XIVème et XVème siècles et le chemins du calvaire aux nombreuses marches et représentations du chemin de croix (flanc sud de la colline). On y jouit de beaux points de vue. Sur les versants de la colline on découvrit de nombreuses tombes de l'époque mycénienne contenant une grande quantité de riches trouvailles.

Du côté Ouest / Nord-Ouest de la colline nous pouvons voir des fortifications byzantines ayant utilisé des blocs antiques et des colonnes du temple d'Athéna.

Notons que l'église byzantine de Notre-Dame de Filérimos, restaurée par les Italiens, possède dans son souterrain de belles peintures murales du XVe siècle. Elle a été bâtie sur un site consacré au culte depuis le deuxième millénaire av. J.-C. Cette église faisait partie d'un monastère, fondé par les Chevaliers, dont il ne subsiste que le cloître restauré par les Italiens. Avant d'entrer dans l'église, nous trouvons un baptistère de l'époque paléochrétienne. Des fouilles ont été effectuées dès 1914.

 

Le temple d'Athéna Polias (IIIe-IIe siècle av. J.-C.) amphiprostyle tétrastyle ou de hexastyle (c'est-à-dire, avec un portique de quatre ou six colonnes à l'une ou l'autre extrémité) avec un pronaos, une cella et un opisthodomes doriques. Dans la cella se trouve la base de la statue de culte. Les petits tambours de colonne et les murs à l'intérieur de la cella ont pu avoir appartenu à un vestibule intérieur (IIIe-IIe siècle av. J.-C.). Des découpages dans la roche du côté occidental auraient été utilisés comme dépôts pour des offrandes votives ou le culte et a produit la poterie et les offrandes votives datant du IXe au Ve siècle av. J.-C. Le temple a été construit sur les restes d'un temple classique plus ancien comme en témoigne un sol du Ve siècle av. J.-C. et des antéfixes en terra-cota trouvés à cet endroit. Au Ve siècle, les chrétiens construisirent une grande basilique avec les pierres du temple. Les fonts baptismaux en forme de croix toujours sont conservés en bon état.

 

Le réservoir de la fontaine dorique était alimenté par deux tunnels venant de plus haut. L'eau s'écoulait du réservoir fermé par la bouche d'une tête de lion dans un réservoir ouvert entouré par six piliers reliés par des panneaux en pierre et un portique de six colonnes doriques servant de façade (IVe siècle av. J.-C.). Une loi sacrée avec des prescriptions pour la protection de la fontaine a été gravée sur un des piliers.

 

Les fortifications byzantines sont situées du côté est de la colline et ont été construites avec des matériaux issus du temple antique d'Athéna. Les parties restaurées par les chevaliers sont évidentes.

 

Les ruines du katholikon d'un monastère byzantin est une église en croix inscrite datant de la fin de la Xe au début du XIe siècle.

 

Le monastère médiéval a été restauré sous l'occupation italienne. Autour de la cour intérieure se trouvent les salles d'un bâtiment à deux étages avec des portiques arqués menant aux cellules des moines au rez-de-chaussée et les quartiers de l'abbé au premier étage.

 

Ialysos, en plus d’être une plage aménagée bordée d’eaux bleues, est un lieu riche en histoire. Petit-fils du dieu solaire Hélios, Ialysos est le fondateur de cette ville déjà connue aux époques minoenne et mycénienne. On y trouve le fort restauré des chevaliers et l'église byzantine d'Agios Nikolaos décorée de fresques du XIVème siècle. Grâce aux conditions idéales de la région, d’importants concours internationaux de planche à voile ont régulièrement lieu ici. La région d'Ialysos est parsemée de maisons néoclassiques.