Art au Mont Athos

 

L'abondance des trésors culturels au Mont Athos en fait un des hauts lieux du patrimoine européen. Monuments, sculptures, fresques, mosaïques, icônes, miniatures, broderies, orfèvrerie, éditions rares et manuscrits composent un ensemble d'une richesse incomparable, qui n'est pas encore intégralement répertorié et mis en valeur.

L'aspect extérieur des monastères est celui de forteresses : remparts, tours, créneaux, meurtrières, mâchicoulis. La tour de défense principale se trouve au point le plus haut ou le plus vulnérable de l'enceinte, et une entrée principale conduit à la cour. Au milieu de cette cour, on trouve l'église ou katholikon qui, à de rares exceptions près, est du type caractéristique du Mont : deux absides latérales au niveau où se tiennent les chantres (nef triconque), double narthex (ésonarthex ou narthex intérieur et exonarthex ou narthex extérieur), et une chapelle de chaque côté de l'ésonarthex. La toiture en plomb est surmontée d'une coupole centrale entourée d'autres plus petites. Les murs extérieurs sont souvent enduits. Le réfectoire, lieu où les repas sont pris en commun, peuvent être cruciforme, en forme de T ou simplement rectangulaire. Une abside au fond marque la place de l'higoumène. Le mobilier consiste uniquement en deux rangées de tables de pierre ou de bois et une chaire ou un pupitre d'où sont lus divers textes pendant le repas. Les salles attenantes sont la cuisine, le fournil et les celliers. Le visiteur sera également intéressé par les chapelles, par la phiale de bénédiction (édifice circulaire en marbre surmonté d'un dôme), le clocher et les fontaines. L'espace intérieur, généralement carré, est entouré par des bâtiments de plusieurs étages abritant l'administration (bureaux, salles de réunion et d'accueil), l'hôtellerie où sont hébergés les visiteurs, l'infirmerie, la sacristie, la bibliothèque, certains ateliers et les rangées de cellules des moines. On trouve à l'extérieur des monastères le kiosque, le cimetière, des ateliers et le petit port avec ses entrepôts, sa chapelle, sa tour, la demeure du préposé et l'emplacement du caïque.

La sculpture est représentée au Mont Athos par des éléments d'architecture, souvent en réemploi, que l'on peut retrouver entre autre sur les narthex extérieurs vitrés des églises et sur les phiales et ailleurs, ainsi que par un grand nombre de reliefs byzantins, en général insérés dans les murs.

Les fresques les plus anciennes sont celles, fragmentaires, des cellules de Ravdouhou (monastère du Pantocrator, XIIe siècle) et d’Agia Trias (monastère de Chilandar, XIIIe siècle). Les ensembles les plus importants sont l'oeuvre des écoles macédonienne (XIVe siècle : Protaton, églises des monastères de Chilandar et de Vatopedi) et crétoise (XVIe siècle : églises des monastères de la Grande Lavra, Stavronikita, Dionysiou, Dohiariou, Xenofontos, Koutloumoussiou; réfectoires de la Grande Lavra et de Filotheou). Par la suite (XVIIe siècle : phiale de la Grande Lavra, réfectoire de Dohiariou, chapelles de Paramythia [dépendance de Vatopedi], d’Agios Nikolaos, des Archanges, de Portaïssa et du Prodromou [dépendance d'Iviron], etc.), ces deux tendances se combinent. On observe encore plus tard (à partir du début du XVIIIe siècle, de nombreuses peintures murales, surtout dans les narthex et les chapelles) un effort de retour à la manière macédonienne, mais aussi une forte influence occidentale. Il subsiste quelques rares mosaïques murales byzantines dans le katholikon de Vatopedi.

D'importantes collections d'icônes byzantines et post-byzantines ont été préservées (Grande Lavra, Vatopedi, Iviron, Chilandar, Dionysiou, Pantocrator, etc.), dont certaines, particulièrement intéressantes, en mosaïque.

Le Mont Athos conserve environ 2 000 manuscrits enluminés ou simplement ornés, en rouleau ou en codex, inégalement répartis sur l'ensemble des bibliothèques. Leur contenu est fort varié (Ancien et Nouveau Testament, ménologes, oeuvres des Pères de l'Église, liturgies, ouvrages de littérature, de médecine, de géographie, etc.) et ils couvrent toutes les périodes de l'art byzantin et post-byzantin (du IXe au XIXe siècle). Les bibliothèques et les archives des monastères conservent des éditions anciennes d'une grande rareté et notamment bon nombre d’incunables. Elles abondent en manuscrits de toute sorte, en grec pour la plupart, qui concernent l'organisation, le fonctionnement et l'histoire des monastères et autres établissements monastiques du Mont Athos aux époques byzantine, ottomane et moderne.

Les arts mineurs sont bien représentés dans les riches sacristies et dans les églises des monastères : vases sacrés, couvertures de livres liturgiques, revêtements d'icônes, reliquaires et stavrothèques (conservant une parcelle de la vraie croix), mitres, croix, crosses d'évêques, médaillons pectoraux et tabernacles. Les vêtements ecclésiastiques et les tissus, de soie en général, destinés à divers usages liturgiques frappent également par leur nombre et leur richesse. Le Mont Athos conserve aussi des objets anciens précieux, souvent d'usage profane, cadeaux d'empereurs byzantins, de souverains, de patriarches, de hauts personnages de l'Église et de la société ou de simples fidèles.