Lefkadia

 

Le site de Lefkadia est situé sur la route Veria - Edessa, à plus ou moins 20 km après Kopanos. Nous pouvons y voir les tombes macédoniennes de Lysson et Kallikles.

La tombe macédonienne du Jugement est le plus grand monument souterrain aujourd'hui sous abri. Elle se compose de deux pièces voûtées, une antichambre et une chambre, et présente une magnifique façade, la plus grande façade connue pour ce type de bâtiment, de 8,60m de haut sur 8,68m de large, dorique (en bas) et ionique (en haut), ornée d’une frise dorique, d’une frise ionique et de peintures bien conservées. On remarquera surtout celles du registre inférieur représentant, de g. à dr., un guerrier portant une lance et une épée (il s'agit probablement du défunt), le dieu Hermès en qualité de psychopompe, c'est-à-dire de conducteur des âmes, puis, après la porte, deux des trois juges du tribunal des Enfers, Eaque et Rhadamanthe. Au-dessus du premier ordre, voir une rangée de triglyphes et de métopes ornées de peintures figurant des centauromachies (combat des Grecs contre les Centaures) et, encore plus haut, au-dessus d'une petite corniche peinte, une frise en stuc peint avec des combats de fantassins et de cavaliers grecs contre des Barbares, probablement des Perses. Ce tombeau d’un général macédonien daterait du IIIe siècle av. J.-C. En 2005, un tombeau macédonien datant du IIIe siècle av. J.-C. a été découvert par hasard lors des travaux d'aménagement d'une voie menant à ce tombeau. Il se compose de deux chambres de 6,50m sur 4,10m avec un toit voûté et une façade avec deux colonnes de style ionique. Le tombeau avait été pillé, mais les archéologues ont tout de même découvert à l'intérieur des céramiques et des perles en or d'un collier, les amenant à conclure qu'il s'agissait de la sépulture d'une femme. Des vases, des pots à parfum et une boite décorée de coquillages ont été également trouvés.

150m plus loin, à gauche sur le même chemin, se trouve une autre grande tombe, dite tombe aux palmettes, du IIIe s. av. J.-C., accessible par un dromos d'environ 10m de large. Elle présente en façade quatre demi-colonnes ioniques et trois cratères en forme de palmettes polychromes (pétales bleus, coeurs rouges) couronnant le fronton sur lequel sont conservées deux figures peintes allongées face à face (homme et femme, une couple ?) en position de banqueteurs (couleurs remarquablement conservées). Une belle porte de marbre sépare la chambre de l'antichambre au plafond peint (motifs floraux et végétaux). Notons également le sarcophage et un banc.

La tombe dite « de Kinch » à la façade dorique, sur la droite de la route Véria-Edessa, a subit de gros dommages depuis sa découverte en 1880, avant d'être restaurée par les services archéologiques grecs en 1970-1971. Datant de la seconde moitié du IIIe s. av. J.-C., elle se compose d'une antichambre et d'une chambre dont quelques peintures murales ont subsisté dont une belle scène de bataille où l'on voit un cavalier macédonien attaquant un Perse.

400m plus loin sur la même route de Véria-Edessa, un petit chemin de terre sur la gauche (panneau) mène après environs 600m à la tombe dite « de Lyson et Kalliklès », encore enterrée et dont l'on n'en aperçoit que le fronton. A l'intérieur, malheureusement invisible, la décoration est remarquable par la variété des couleurs, l'utilisation de la perspective et les thèmes représentés avec des éléments d'architecture (antes et colonnes ornées de guirlandes) et armes macédoniennes (boucliers, épées, casques, jambières). Sur trois des quatre côtés, il y a deux rangées de niches carrées qui contenaient les urnes et les bijoux des morts. Les noms des défunts sont écrits en rouge foncé, ceux des hommes au-dessus des niches supérieures (notamment deux frères, Lyson et Kalliklès), ceux des femmes sous les niches inférieures.

 

Au pied de la colline, des tombes, un théâtre, des édifices publics et des habitations d'une ville hellénistique importante, Mieza très probablement, ont été découverts. On trouve également quelques vestiges romains avec des mosaïques.

Du petit théâtre du IIe s. av. J.-C. (découvert en 1992), subsistent l'orchestra (22m de diamètre) et quelques rangées de gradins en pierre.

Le Nymphée de Miéza (dans le sens de « sanctuaire dédié aux Nymphes des eaux ») ou Ecole d'Aristote. On aperçoit une grotte dans le rocher sur la gauche, les restes d'un portique coudé, puis plus loin une autre grotte. Les ruines sont peu spectaculaires. Plutarque évoquait ce sanctuaire ombragé, consacré aux Nymphes, dans lequel Aristote donna pendant 3 ans ses leçons au jeune Alexandre.