Le temple de Zeus Olympien (l'Olympieion) (**)

 

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Le temple de Zeus Olympien (l'Olympieion) (**) est un sanctuaire occupant l'esplanade située au croisement des avenues Olga et Amalia. Au centre, se dresse le temple de Zeus Olympien, le plus grand temple corinthien de Grèce (107,75m sur 41). C'est un temple diptère, de style corinthien, construit en marbre pentélique. Selon la tradition, l'établissement du sanctuaire date de la période du mythique Deucalion. Le site était habité depuis la préhistoire et un culte à Zeus est certifié dans l’antiquité. La construction du temple monumental débuta vers 515 av. J.-C. mais il n'a jamais été fini à cause de la chute de la tyrannie à Athènes. En 174 av. J.-C., Antiochos IV Epiphanes, roi de la Syrie, reprend la construction du temple qui sera finalement terminé par l'empereur romain Hadrien, en 124/125. À l'intérieur du temple se trouvait une immense statue chryséléphantine (or et ivoire) de Zeus.

Lors de fouilles, différentes parties du mur d’enceinte du sanctuaire ont été reconstruites, imitant la maçonnerie antique. Toutefois des sections du mur antique ont été préservées au coin du sud-est et du côté du nord.

 

Le temple de Zeus Olympien. Triptère octastyle sur les petits côtés et diptère eikosastyle sur les longs côtés, il possédait au total 104 colonnes corinthiennes dont seules 16 sont encore debout (hauteur : 17m). À l'intérieur du bâtiment, le long des murs nord et sud, se trouvait un vestibule ionique additionnel. Il a été commencé vers 515 par les Pisistratides pour rivaliser avec les temples gigantesques d'Asie Mineure, il n'avait jamais été achevé malgré les efforts du roi de Syrie Antiochos au IIe s. av. J.-C. C’est à Hadrien qu'il revint de le terminer, entre 124 et 132. Expression majeure de son philhellénisme, le temple resta purement grec. Il est entouré d'un mur d'enceinte en tuf de 209m sur 129, rythmé à l'extérieur par des contreforts qui portaient des colonnes corinthiennes (un chapiteau est visible à droite du sentier, peu après l'entrée du site). On parvient tout d'abord à un petit propylée dorique en marbre (restauré) situé à l’emplacement d'une des portes du mur de Thémistocle dont les vestiges ont été exhumés de part et d'autre de l'enceinte sacrée et qui donnait la limite Est de la ville au Ve s. A l'intérieur de l'esplanade, le mur était régulièrement bordé de statues dont les bases sont conservées. Au centre de la vaste esplanade, le temple s'élève sur un socle de 110m sur 43m, à trois degrés de marbre. Il avait trois rangées de 8 colonnes en façade et deux rangées de 20 colonnes sur les longs côtés, soit en tout 104 colonnes corinthiennes de 17,25m de haut.

Entre le temple et l'avenue Vassilissis Olgas gisent les fondations de l'abside d'une basilique paléochrétienne (Ve s.) construite avec les matériaux de l'Olympiéion et qui était dotée d'une grande citerne. A gauche un sentier conduit aux bains d'Hadrien, au plan encore lisible. Le bâtiment principal était étroit et allongé, avec une abside pavée de marbres polychromes (peut-être un nymphée). A l'autre extrémité se trouvent un double trône de marbre et à droite un imposant chapiteau ionique très décoré. Les salles de bains s'étendent à gauche : autour d'un octogone, traversé par une conduite d'eau, huit alcôves dont trois, fermées par des murets, sont des piscines. Derrière se trouve le bâtiment de plan cruciforme où l'on voit encore les briques superposées de l’hypocauste qui chauffait l'eau par le sol. En continuant vers la porte d'Hadrien on voit une maison du IVe s. av. J.-C., beaucoup plus élémentaire que les demeures hellénistiques, avec une ou deux pièces et une cour en façade.

Autres bâtiments du site : Le temple dorique périptère d'Apollo Delphinios (vers 500 av. J.-C); La cour des Dauphins (vers 500 av. J.-C.), bâtiment antique avec une cour spacieuse et des salles du côté nord; Les portes de ville d'Athènes construites par Thémistocle en 479/78 av. J.-C.; Les bains romains construits en 124-132; Le temple de Zeus Panhellénique construit après J.-C.; Le temple de Cronos et de Rhéa, petit temple diptère daté de 150 après J.-C.

Derrière l'Olympieion se trouve le lit de l'Ilissos, la rivière sacrée des muses avec quelques vestiges épars de sanctuaires antiques et à proximité un rocher qui serait celui de la fontaine Callinohé (jardin fameux). L'église Agia Fotini a été bâtie en 1872 à l'emplacement d'une église plus ancienne et sur les fondations d'un temple dédié à Hécate. Un rien plus loin nous voyons encore d'importants monuments des époques classique, romaine et byzantine (temple d'Apollon Delphinien, temple de Cronos et de Rhéa, ateliers d'un quartier byzantin, basilique de Léonidès).

 

La Porte D'Hadrien (***)

 

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La Porte d'Hadrien (***), située au croisement des avenues Olga et Amalia, fut érigée par l'empereur Hadrien au début du IIe siècle ap. J.-C. Elevée par les Athéniens en l'honneur de leur bienfaiteur, c'est à la fois un monument commémoratif qui évoque, en plus modeste, les arcs de triomphe romains, et le lieu de délimitation de l'ancienne ville d'Athènes : après l'avoir franchie, on se trouvait dans le nouveau quartier, appelé Nouvelle Athènes ou Hadrianoupolis. Sur la porte se trouve deux inscriptions : "Ici est Athènes, l'ancienne ville de Thésée" côté Acropole et "Ici est la ville d'Hadrien et non celle de Thésée" côté sanctuaire. C'est une arche unique encadrée par deux colonnes corinthiennes. L'étage supérieur portait les statues des deux héros fondateurs, Thésée et Hadrien, ainsi mis sur un pied d'égalité.